25 Août 2009
Tout a vraiment commencé il y a deux mois, environ. Cette sensation d’étouffement et de raz-le-bol, je l’ai depuis longtemps, mais cela allait tout de même, je f’sais avec …Bon, je sais, ça ne pouvait pas durer.
Je m’étais fait une idée de ce qu’étais ma propre famille et même si je souffrais encore de ce vide qui nous entoure depuis toujours, je me disais qu’ayant une nouvelle famille, dans laquelle ma place était reconnue, il me fallait miser plus sur elle, et « faire avec », avec l’autre. Après cette réflexion, je me suis senti plus à l’aise, plus investi dans mon quotidien, et beaucoup moins « écartelé », surtout. Je me sentais enfin plus détendu.
Mais voilà, que tu le veuilles ou non, tu es tout de même partie prenante dans cette histoire, dans notre histoire toute entière d’ailleurs. Et il y a eu la goutte qui a fait déborder le vase : tu sais, ce truc inattendu que tu te ramasses en pleine poire et qui n’a rien à voir avec ce sujet qui te préoccupes sur le moment et que tu venais de régler. J’ai une sainte horreur de ta façon de vouloir formater à ton image, idéale, ceux que tu aimes. En résumé, je suis comme je suis et je n’ai jamais pu encaisser que tu veuilles que je sois autrement. Nous venions de passer une journée chez ta filleule ; une belle journée, ensoleillée, bien mangé, bien bu. Et le lendemain tu n’as pas pu t’empécher de me juger sur mes comportements.
Eh oui, ta filleule s’est fait teindre en blonde, eh oui, je lui ai dit que je n’aimais pas beaucoup et que ça ne lui allait pas vraiment. A partir du moment où on me donne mon avis, je le donne, que ça te plaise ou non. Mais il ne fallait pas le dire, ou, ne pas le dire comme ça. Nous étions à table et le sujet est brusquement arrivé sans que je m’y attende, et il y a eu deux autres réflexions à propos de mes comportements de la veille, qui ne te convenaient pas. Je n’ai rien compris, je me suis demandé ce qui m’arrivait (et ça n’est pas le première fois)....Je ne suis ni un mal élevé, ni un malotru, j’aime bien boire et manger de temps à autres, je ne me bourre pas la gueule et je ne vomis pas mes excès de la veille…Et, forcément, mon côtés « soupe au lait » s’est exprimé ; tu sais ce que ça donne.
Voilà la fameuse goutte.
Depuis ce jour là, tout se bouscule dans ma tête. A soixante ans passés, on fait un peu le bilan de sa vie, normal. Et je n’ai pas envie de continuer à vivre comme ça. J’ai laissé faire trop de choses dans ta façon de m’orienter et de me diriger. Bien propre, bien net et bien « r’passé », comme dirait ta copine…trop lisse à mon goût ! Il y a une partie de moi qui ne vit plus, qui n’explose plus. Tu n’as pris chez moi que ce qui te convenait et tu as nié le reste.
Ceux qu’on aime, on les aime tout entier, sinon, on ne les aime pas ou, on ne les aime que pour soi !
Cette famille recomposée que nous sommes est belle à voir ! N’est-ce pas ? Nous, les grands parents, nos enfants, enfin, tes filles surtout, et leurs propres enfants. Petite tribu sympathique et touchante. C’est vrai, l’équipe est belle à voir. Mais nous avons oublié l’essentiel : nous deux, le couple en dehors des autres, de tous les autres. Ce couple, tout seul et sans cet entourage, il n’existerait probablement pas… !!
J’en reparlerai.
27 Août 2009
J’aime le sexe, je ne suis pas un romantique, je suis un tendre, un sensuel, un joueur, un « tripoteur », un voyeur, un cérébral. J’aime bander et jouir. Et là, nous ne nous sommes jamais vraiment rencontrés. Dix ans, au moins, que nous ne baisons plus…et oui !!! Comment fais-tu pour supporter ça ? Je n’en sais rien. Comment je fais ? Comme je peux ; avec mes moyens à moi : mes mains sur mon corps, sur mon sexe, des jeux de solitaire. Et puis les putes de temps à autres. Je n’en peux plus de vivre ainsi !
Je n’ai jamais compris, et admis, qu’une vie de famille comme la notre pouvait être autant castratrice. Je sais, la famille n’a rien à voir là-dedans. C’est nous deux, nous deux seuls qui en sommes responsables et pas ce que nous avons construits en dehors de notre intimité.
Tu te souviens, il y a quelques années ? Oui, lorsque nous avions abordé, timidement, le sujet du sexe ? Tu te souviens de ma réponse ? J’avais dit, à l’époque, que si tes filles ne m’avaient pas adopté, et moi aussi, tu ne m’aurait pas choisi ; que ce n’était pas le physique qui nous avait rapproché, mais autre chose qui n’avait rien à voir avec le sexe et toute l’intimité, et la confiance, qui s’y rattachent.
J’espérais un dialogue, un échange, quelque chose qui nous permette de vraiment en parler. Et pour la première fois de ma vie, avec toi, j’ai constaté que lorsque certains sujets te dérangent, te déstabilisent, tu sais y mettre des « blanc ». Et il y a eu un blanc, un grand blanc… ; circulez ! y a rien à voir.
J’étais penaud, et je me suis un peu plus recroquevillé sur moi-même. J’ai continué à t’aimer, comme j’ai pu. La queue en bandoulière, dans mon isoloir sexuel.
Alors, pourquoi parler de ses doutes, de ses inquiétudes, de sa rage (de l'autre...), de son mal de vivre; alors que d'autres vivent des choses pires encore; alors que d'autres sont scotchés, à même pas 60 ans, par un AVC et se trouvent diminués pour le restant de leur jours...des jeunes, de mon âge !!
Oh ! mais j'l'avais bien dit ! J'ai l'intention d'parler ! sans me soucier des plus malheureux que moi ! Tu t'rends compte que ça fait depuis qu'chuis né, 64 ans, que j'me la ferme, que j'ai cette impression de toujours faire passer les autres avant moi, sous prétexte que...!!! Tu t'rends compte !! Cette impression qui ne te quitte jamais, de se sentir toujours de trop !!! Mais c'est complétement débile, c't'affaire là...!!!
Et puis la retraite, c'est comme avoir le privilége d'être payé à ne rien foutre (ça n'a jamais été mon genre...), et se sentir en même temps démuni des moyens que tu t'es acharné à conserver pour pouvoir gagner ta croûte, même si t'as jamais nourri une passion dévorante pour ton boulot. T'as l'impression d'avoir perdu quelque chose, que rien ne remplace.
Si, le pognon, mais ça n'est pas le cas.
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